Le projet de ferme urbaine municipale : une bonne nouvelle ? oui mais qui manque de cohérence…

En septembre 2019, la municipalité a suggéré la possibilité de création d’une ferme urbaine à Bures sur une ancienne décharge municipale. Les terrains naturels attenant ne sont pas protégés par le nouveau PLU et des projets de promoteurs vont sûrement un jour aboutir alors même qu’une étude environnementale commandée par la municipalité demandait leur protection de l’urbanisation.

Le projet de ferme urbaine est un projet qui nous tient à cœur depuis le début de la création de l’association Bures en transition car on avait à nos côtés une maraîchère à qui il ne manquait qu’une terre et d’anciens espaces agricoles à la Guyonnerie. Pour défendre ce projet devant le maire, on s’est entouré de citoyens doués d’une expertise dans un groupe de réflexions et d’actions et avons été conseillé par d’autres associations du domaine de l’agriculture (Terre et cité , Terre de liens…). Notre maraîchère a rejoint, quant à elle, l’équipe municipale avec un poste de chargée de mission pour œuvrer de l’intérieur sur la transition écologique..

En dehors de tout parti pris politique, si l’on salue la décision prise par la municipalité de dédier un terrain à un projet de ferme urbaine, on ne peut pas être satisfait par ce projet et on vous explique pourquoi.

Pourquoi le terrain municipal dédié à la ferme urbaine n’est-il pas idéal ?

Le terrain de moins de 5000 m2 à l’angle de la rue du docteur Collé et de la Guyonnerie est un terrain municipal qui a servi pendant de nombreuses années de déchetterie verte mais où des dépôts sauvages de déchets en tout genre ont été aussi observés. Ce terrain a probablement  été exposé à des polluants. Le fait que cet espace est fortement anthropisé (transformé sous l’action de l’homme) suppose qu’il sera difficile d’imaginer de le transformer rapidement et à moindre coût (à cause d’une dépollution) en ferme avec une production paysanne, écologique et saine pour nourrir les habitants. Le principal frein à un projet de ferme urbaine productive et viable économiquement est la taille du terrain. Avec moins d’un hectare, il n’est pas possible pour un maraîcher de faire un chiffre d’affaire suffisant pour subvenir à ses besoins (à peine une vingtaine de paniers de légumes par semaine semble envisageable sur une telle surface) et de bénéficier d’avantages sociaux comme le droit à la retraite ou au chômage, du fait de la trop faible surface de culture.

1,64 hectares naturels vouées à la construction dans le nouveau PLU : un non sens écologique

Le nouveau PLU a été fait en concertation avec les habitants et voté alors que l’étude pour l’aménagement d’un Espace Naturel Sensible n’était pas terminée et n’avait pas été présentée aux Buressois. Cet étude porte sur des terrains acquis par la municipalité et des terrains encore privés de 1,64 hectares à l’Ouest de la rue de la Guyonnerie (16.400 m2 soit environ 4 fois plus que l’actuelle parcelle dédiée à la ferme urbaine tout à l’Ouest). Elle souligne l’importance de préserver les terrains privés de la zone en poursuivant l’acquisition des parcelles privées de la Guyonnerie notamment car il y a la présence d’espèces protégées et d’une zone humide. L’acquisition devient compliquée financièrement car le nouveau PLU a fait évoluer le zonage des terrains privés constructibles en facilitant encore plus la constructibilité (zone AUP à UD2). De plus, une Orientation d’Aménagement et de Programmation a été prévue pour cette zone de 1,64 hectares mais ne protège pas assez ces terrains végétalisés pour qu’ils continuent de prodiguer à tous les buressois leurs services écologiques (garantie d’une qualité de l’air, diminution de la chaleur lors des canicules, meilleure infiltration des pluies et donc limitation du risque de crues…).

Comment Bures en transition vérifie ces informations ?

Toutes les informations précisées ici proviennent de documents officiels que bien souvent les citoyens ne demandent pas ou n’ont pas le temps de consulter (Texte de lois, Plan Local d’Urbanisme, Étude environnementale complète de la Guyonnerie (non disponible sur le site de la municipalité où il n’y a que des extraits)…). Pour analyser et comprendre la situation, des citoyens experts faisant partie de notre groupe de travail (maraîcher, urbaniste, architecte, biologiste, chercheur…) planchent sur le sujet et on interroge aussi les services municipaux ou prestataires indépendants politiquement du conseil municipal. On dialogue avec les politiques de tout bord pour que des solutions soient prises pour préserver notre capital écologique buressois.

Que propose t-on ? Du bon sens !

La municipalité possède un terrain anthropisé où il est prévu de faire une ferme urbaine, et juste à côté, des terrains naturels vont être urbanisés. Il est nécessaire qu’une acquisition et/ou que les textes d’urbanisme de la commune fassent en sorte que les vocations de ces terrains soient repensées. Faisons de l’agriculture sur des espaces naturels et réservons les zones déjà dégradées à des projets d’urbanisation. La municipalité a le pouvoir de protéger les espaces naturels (même si ce sont des terrains privés) notamment en modifiant les textes d’urbanisme ou par une préemption (cela a été le cas pour l’ENS). On pense que des investissements raisonnés doivent être faits pour préparer la transition écologique en préservant tous les espaces naturels encore présents sur la commune car il s’agit de notre bien commun. Enfin, un projet agricole, qui nourrit les habitants, doit se faire sur une surface suffisante, pour garantir un projet cohérent en termes économique, écologique, paysager, patrimonial… Il conviendrait donc certainement de revoir la vocation des terrains actuellement en pâturage (le pâturage est une activité agricole) sur l’Espace Naturel Sensible et prendre en compte aussi d’autres espaces à Bures. On réfléchit avec tous les candidats à l’élection municipale pour que ces problématiques soient prises en compte et que ces choix de société soient faits avec et pour les citoyens.

Téléchargez ici la présentation faite à la municipalité en janvier 2020.

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