La permaculture… mais au fait c’est quoi ?

On a eu l’opportunité de faire une micro-conférence sur la permaculture lors de la fête de la nature 2018 pour expliquer aux buressois ce qu’est cette discipline et comment l’appliquer dans notre ville.

La permaculture est une culture de la permanence, une philosophie de vie, une science des systèmes écologiques.

C’est une méthode de conception consciencieuse permettant de créer des environnements répondant aux besoins des êtres humains tout en s’inspirant des écosystèmes naturels (définition de l’association la Rigole). Elle repose sur deux piliers : l’efficacité et l’éthique.

David Holmgren et Bill Mollison sont les deux co-fondateurs de la Permaculture. Ils ont écrit ensemble un ouvrage posant les fondements de cette discipline.

Aussi, de la permaculture peuvent naître des manières de jardiner comme des manières de prendre en main la gestion de sa  ville (mouvement des villes en transition fondé par Rob Hopkins) ; elle peut même permettre de repenser sa vie personnelle et son rapport aux autres (permaculture humaine).

Villeurbanne en transition
Manuel de Transition de Rob Hopkins

La permaculture n’est donc pas une méthode de jardinage !

La fleur de permaculture

La représentation de l’approche permaculturelle, sous forme de fleur, montre que cette discipline touche à plusieurs domaines.  Elle permet de penser nos réalisations sous diverses facettes de façon holistique.

Par exemple, un immeuble n’est pas seulement un habitat. Sa construction peut aussi tenir compte de notre besoin de communauté avec des espaces partagés, inclure des  technologies pour réduire nos consommations d’énergie, utiliser des matériaux qui n’impactent pas notre santé, s’intégrer à l’environnement naturel… comme par exemple dans la Maison Orion à Bures.

Immeuble classique en béton armé

Maison Orion en bois

L’éthique

L’éthique est au centre de la fleur.  Les 3 principes éthiques constituent un cadre de pensée qui nous invite dans nos décisions à coopérer avec les autres et la nature.

Un cerisier isolé dans un jardin privé, pour peu qu’il soit précoce, se fait vite pillé par les oiseaux. Nous ne profitons alors d’aucune cerise en plus de nous énerver contre les volatiles. Dans un espace cultivé avec une multitudes de variétés, ce phénomène ne se produit pas dans les mêmes proportion. C’est le cas aux Jardins partagés de l’Université Paris-Sud où les bonnes récoltes profitent à tous les adhérents et les surplus nourrissent aussi la biodiversité environnante.

Les 12 principes de conception

> Observer et interagir
> Stocker l’énergie
> Obtenir une production
> Appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction
> Favoriser les ressources renouvelables
> Ne produire aucun déchets
> Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails
> Intégrer plutôt que de séparer
> Des solutions lentes et à petites échelles
> Maximiser la biodiversité
> Valoriser les bordures
> Réagir de manière créative au changement

Un exemple : le compostage

Un composteur au fond du jardin à une fonction : la réduction des déchets. Il répond au principe de ne pas produire de déchets  et il maximise la biodiversité car il sert de nourriture à de nombreux êtres vivants.
C’est déjà bien mais on peut faire plus efficace et plus éthique en appliquant le principe suivant :
INTÉGRER PLUTÔT QUE SÉPARER

Compost dans une serre

Un compost dans une serre : c’est la couche chaude bien connue des anciens. On stocke l’énergie (chaleur) produite par le compost. On obtient une production de légumes hâtés par la chaleur…

Compost dans l’enclos des poules

Un compost dans l’enclos des poules (elles n’ont pas accès directement aux déchets).On obtient une production de protéines pour les poules grâce aux insectes produits par le compost.  
On stocke l’énergie. Avec le compost placé près de leur abris leur eau gèlera moins l’hiver…

Compost au potager

Au cœur d’un bac potager le compost n’a plus à être transporté. On valorise les bordures  car les vers de terre n’ont pas de frontières et vont épandre le compost jusqu’aux plantations. On valorise l’énergie renouvelable en économisant l’énergie humaine…

Conclusion

La Permaculture ce n’est pas que chez soi. On peut aussi l’appliquer à l’échelle d’une ville.

Les trois axes de travail de Bures en transition sont : une agriculture locale pour nourrir la population buressoise, une économie circulaire, sociale et solidaire et l’efficacité énergétique des bâtiments publics. 

Chaque projet peut être conçu avec l’aide de la permaculture.


Sources : http://www.permacultureprinciples.com/fr

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