Relocalisation de l'alimentation

à Bures sur Yvette

En cas de pénurie d'énergie, l’autonomie alimentaire de l’Île-de-France ne serait que de quelques jours. Dit autrement, la plupart des aliments consommés localement sont importés. La relocalisation alimentaire vise à produire sur place la nourriture consommée par les habitants pour réduire les problématiques d'approvisionnement, de gaspillage, de perte de lien entre agriculteurs et consommateurs, de sécurité alimentaire, etc. mais aussi les conséquences sur l’environnement, notamment en termes d’émissions de gaz à effet de serre, d’artificialisation des sols et d’impact sur la qualité et les ressources en eau…

En 20 ans, le plateau de Saclay a perdu plus de 30 % de ses terres cultivables au profit d'une véritable "bétonisation". A Bures-sur-Yvette, comme ailleurs dans la région, il devient urgent que la municipalité, responsable de l'urbanisme, agisse pour arrêter la destruction de terres naturelles car il en va de notre survie. Relocaliser l'alimentation c'est considérer chaque lopin de terre comme une ressource pour une production alimentaire locale, saine et source de biodiversité !

Dans certaines communes pionnières comme Ungersheim ou Mont-Sartoux, la relocalisation alimentaire fait partie intégrante de la politique municipale. Elle se concrétise, par exemple, par la production de paniers de légumes ou l'approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux et biologiques d'excellente qualité.

 

Une ville comestible

Inspirés par les incroyables comestibles et aidés par des associations partenaires de jardinage collectif (JardinàBY et Alma Mater), on a obtenu l'autorisation municipale de planter et semer, nos graines et nos plants, dans une jardinière située en face de la mairie et dans plusieurs parterres de la commune. Deux saisons de cultures se sont déjà succédées avec des récoltes sans pesticide ni engrais chimique démontrant qu’avec peu de moyen et d’entretien la ville peut devenir comestible ! Ces récoltes sont aussi l’occasion d’un moment de partage et de convivialité entre les habitants de la commune dans un contexte de réappropriation de l'espace public.

On a montré que ces changements sont bien perçus par la population qui a respecté ces espaces (pas de vol ni de dégradation) et qui était très reconnaissante pour cette initiative (personnes venant se servir en aromates, remerciant ou s'occupant ponctuellement des plantations). On pense qu'il est temps que ce volet soit réfléchi et repris à l'échelle municipale avec les moyens qu'elle a à sa disposition car le bénévolat a ses limites. Le projet est donc aujourd'hui à l'arrêt en espérant que la municipalité en 2020 prenne l’initiative d’inclure dans sa gestion des espaces verts des comestibles annuels et pérennes comme le fait par exemple la municipalité d’Orsay !

Voir où sont les comestibles sur notre carte des initiatives !

Envie de participer au projet, contactez-nous !

 

 

Un pôle agricole local

L’une des premières actions de Bures en transition, lors de sa création en mars 2018, a été de travailler à la mise en œuvre d’un projet agricole local, car on a la chance de compter parmi nos concitoyennes une maraîchère… à qui il ne manquait que la terre. Les espaces  de la Guyonnerie contiennent les rares parcelles assez grande, sinon les seules, où il serait possible de développer un projet agricole de ferme urbaine économiquement viable.

Certaines parcelles de la Guyonnerie à l'Ouest (non acquises par la municipalité comme les autres terrains car voués à devenir un Espace Naturel Sensible (ENS)) ont été malheureusement reclassées dans un zonage plus favorable à la construction par le nouveau PLU en juin 2018  (passant d’AUP à UD2). Elles sont maintenant la cible des promoteurs avec des projets de maisons individuelles de luxe. Ces terrains ont pourtant aussi été étudiés dans le cadre de l’ENS et sont importants pour la biodiversité (zone humide, espèces protégées...). On espère donc que ces parcelles seront définitivement protégées par un changement de PLU et/ou une préemption municipale.

Les conclusions d’une étude sur l’ENS présentée en décembre 2018 sont tranchées. Les objectifs affichés sont la préservation de la biodiversité et des paysages et des préconisations sont faites sur la nécessité de requalifier comme non constructibles les terrains à l'Ouest de l'ENS. L'étude écarte totalement l'option du maraîchage biologique (pourtant initialement notée comme une option du cahier des charges), même sur les parcelles actuellement en pâturage. Cependant ceux qui connaissent la permaculture, l’agroécologie, ceux qui nous ont accompagnés au Bec Hellouin... savent qu’il existe une agriculture capable de préserver la biodiversité et les paysages.

On continue de porter et d’accompagner un projet de maraîchage pour Bures avec la municipalité (notre maraîchère ayant été embaucher comme chargée de mission à la transition par la municipalité) , en lien avec Terre et Cité (possibilité de financements jusqu’en 2020) et Terre de liens et AgroParis Tech (pour la faisabilité du projet), car le maire a annoncé vouloir transformer l’espace au dessus du centre technique municipal d'environ 5000 m2  en ferme urbaine. Nous espérons que des mesures seront prises concernant les terrains de la Guyonnerie hors ENS (rachat des terrains, requalification en terrain agricoles …) et au sein de l'ENS pour que la ferme urbaine s’étendent sur au plus d' un hectare pour réellement pouvoir accueillir une activité maraîchère nourricière pour les buressois (1000 m2 nourrissent environ 1 personne ou produisent environ 5 paniers de légumes par semaine).

Pour connaitre l'avis de l'association concernant le projet de ferme urbaine de la municipalité, c'est ici !

Envie de rejoindre le groupe qui suit ce projet, contactez-nous !

 

 

Des cantines locales

Face à un système de restauration collective insatisfaisant, notamment sur le plan nutritif (aliments ultra-transformés, trop sucrés, trop gras, trop protéinés),  et qui pose même des problèmes sanitaires récurrents (découverte de métaux et plastiques dans les assiettes), on souhaite accompagner son amélioration pour tous (bébés, enfants et séniors de la commune) par une relocalisation des cuisines.

Un groupe de parents d’élèves s’est mobilisé sur la question et on se positionne actuellement auprès d’eux pour soutenir et promouvoir "à terme" le retour de cuisines / légumeries municipales, afin de relocaliser la restauration collective et notamment scolaire, de la ville.

Une ou plusieurs cuisines collectives à Bures permettraient de servir des repas de meilleur goût, de meilleure qualité, élaborés en concertation avec un diététicien et les représentants concernés. Cuisiner sur place, cela veut dire servir des plats chauds (donc éviter les problèmes sanitaires et nutritionnels dût au réchauffage des plats, élargir les possibilités de recettes, avoir des aliments de base plus frais, etc.) et fédérer les différents acteurs engagés (du cuisinier au consommateur) autour d’un projet commun du “bien manger”. Enfin, cuisiner sur place c’est faire de l’alimentation une préoccupation partagée par tous et créant le lien entre les collectivités (élus, salariés, …), les habitants (enfants, parents, séniors,...), et les prestataires alimentaires qui peuvent s’engager à soutenir ce projet (en privilégiant des producteurs locaux et bio).

Au delà de la loi Egalim qui demande d’ici 2022 50% de produit bio et locaux, le retour des cuisines dans les cantines scolaire est le seul garant d’un vrai contrôle de la qualité des plats servis et de la diminution des produits ultra transformés dans les assiettes des enfants. Cuisiner sur place offre la possibilité de se fournir via des circuits ultra courts et de privilégier des recettes goûteuses et nutritives sans soucis de conservation car la livraison peut être faite par liaison chaude. Associé à une sensibilisation des enfants par l’équipe qui cuisine les repas cela limite de manière spectaculaire le gaspillage alimentaire.

Des visites au sein de restaurations collectives avec des cuisines locales proches de Bures-sur-Yvette sont organisées afin de développer des pistes qui feront avancer ce projet. Un article de notre blog parle des visites des cuisines locales des cantines !

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